Les médias participatifs : notre cerveau collectif

Ce texte fait suite au très intéressant billet À la défense des médias participatifs publié par ma collègue Sarah St-Pierre, qui se veut une critique des propos controversés tenus par l’essayiste Jaron Lanier dans son récent manifeste paru dans le Wall Street Journal. Dans son plus récent ouvrage, ce sceptique du Web stipule que l’abondance de collaboration sur le Web génère du contenu rébarbatif et rétrograde, ne menant pas à l’innovation. Selon lui, pour favoriser la créativité et le surpassement, il est primordial d’imposer un cadre et des limites, l’inverse des fondements des médias participatifs (Open source).

Pour ma part, j’adhère plutôt aux propos de Pierre Lévy, pour qui l’intelligence collective permet aux collectivités de coopérer sur le plan intellectuel pour créer, innover et inventer.  Ce qu’on peut aussi appeler le « cerveau collectif » permet aux participants de s’impliquer pour approfondir les connaissances sur certains thèmes donnés. Contrairement à ce que Lanier laisse entendre, le Web participatif n’a pas comme finalité « de remplacer l’homme ou de se rapprocher d’une intelligence artificielle », mais a plutôt la fonction de favoriser la construction de collectifs intelligents, afin d’aborder une ère post-médias dans laquelle les techniques de communication serviront à filtrer les flux de connaissances, à naviguer dans le savoir et à penser ensemble plutôt qu’à charrier des masses d’informations. » (Lévy, P. (1997) Intelligence collective : pour une anthropologie du cyberspace. )

Comme Betty Mailhot l’affirme sur son blogue, « on peut considérer que dans notre association, nous sommes tous des ignorants. Mais notre grande force c’est que nous n’ignorons pas tous la même chose. Il y en a toujours un, qui possède la réponse » . Nos connaissances en tant qu’individus et société ont évoluées au fil du temps en combinant les idées générées par de nombreuses personnes avant nous. Ainsi, l’intelligence collective n’est pas un concept nouveau, mais les nouveaux medias facilitent désormais la participation des citoyens dans cette construction de savoirs.

Enfin, l’intelligence collective sur internet permet donc, par son caractère ouvert, de démocratiser le savoir et les pouvoirs et de rendre les individus autonomes et valorisés en tant que créateurs de sens. L’interactivité constante favorise l’émergence de nouvelles idées et permet aux uns de s’appuyer sur les fondements des autres pour évoluer.  Tout comme ma collègue Sarah, je suis en faveur des médias participatifs comme outil de création et de gestion des connaissances. Après tout, chaque membre du cours INF6107 n’a-t-il pas contribué au cerveau collectif en créant un blogue ?

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